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Itinéraire d'un chercheur du Libre

   Un entretien avec Roberto Di Cosmo de Valérie Schafer « Le logiciel libre de l'usage à la recherche » (extrait).

   Actuellement détaché auprès d'Inria de l'université Paris-Diderot où il est professeur d'informatique, il se consacre pleinement à Software Heritage dont il est directeur. Un retour avec Roberto Di Cosmo sur le parcours qui l'a mené d'Italie en France.

   À son époque, en Italie, on mettait davantage l'accent sur les filières littéraires que scientifiques. Il fera donc des études de philosophie, d'histoire, de lettres, de latin et de grec. C'est par ce biais qu'il se penchera sur l'informatique. Il remporte un prix dans un concours de traduction de textes du latin vers le grec. Avec l'argent de ce prix il s'achète, en 1979, un ZX80. Il apprend sur le tas car il n'y a pas de cours d'informatique au lycée. Quand il intègre l'École normale supérieure de Pise, il choisit naturellement l'option informatique. Il fait ses études entre 1982 et 1986, l'informatique étant alors un champ en construction. Les moyens informatiques à disposition des étudiants étaient totalement sous-dimensionnés. Les cours étaient essentiellement théoriques, « pas forcément une chose si mauvaise ». Puis viendra le temps de l'informatique personnelle. En 1988, il commence une thèse sur la théorie des types.

   En 1989, il fait un séjour à l'université américaine de Cornell. Puis ce sera Paris, à l'ENS d'Ulm. Il découvre l'Inria Rocquencourt où Il suit « religieusement » le séminaire du vendredi organisé par Gérard Huet. Il y croise des chercheurs de grande renommée comme Maurice Nivat, Gérard Berry et bien d'autres. Prolongeant son séjour, il devient Maître de Conférences à l'ENS d'Ulm.

Sa recherche est très théorique. Mais il adore les machines et ne supporte pas qu'elles soient verrouillées. Il commence donc à s'intéresser aux logiciels libres. En 1998, il écrit Piège dans le cyberespace, une analyse critique des problèmes de l'industrie informatique et des propositions alternatives avec les logiciels libres. Le succès est impressionnant, des milliers de téléchargements par jour. Il se retrouve propulsé contre toute attente porte-parole d'une majorité silencieuse. Puis il écrit, avec la journaliste Dominique Nora, le Hold-up planétaire : la face cachée de Microsoft ? C'est une période d'intense exposition médiatique. Puis vient le temps du retour à une vie normale.

   Il devient Professeur à l'Université Paris 7. Il construit beaucoup de cours nouveaux et, en parallèle, fait des centaines d'exposés sur les logiciels libres, les standards ouverts, réalise DémoLinux avec deux doctorants. Il se concentre sur des recherches dédiées au logiciel libre qui mettent en évidence des problèmes scientifiques de développement du logiciel en général. Le projet Software Héritage s'inscrit dans la continuité (2). Il se retrouve mêlé au montage d'un pôle de compétitivité, en 2005-2006, finalement devenu le Groupe Thématique Logiciel Libre dans le pôle Systematic.

   Software Heritage, en patrimonialisant le code source, a pour objectifs de l'archiver, le référencer et l'étudier. Il s'agit de construire un grand instrument de recherche permettant d'observer l'évolution du développent du logiciel à l'échelle planétaire afin de comprendre comment mieux développer le code. L'intérêt est patrimonial, éducatif, scientifique et industriel.

(1) http://www.societe-informatique-de-france.fr/wp-content/uploads/2015/12/1024-no7-Baude. pdfhttp://tsi.revuesonline.com/gratuit/TSI35_6_08_Entretien.pdf
(2) l'EPI a proposé le LSE-Microdur à l'opération Software Heritage. Voir Le système LSE de Jacques Baudé dans 1024 http://www.societe-informatique-de-france.fr/wp-content/uploads/2015/12/1024-no7-Baude.pdf

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Juin 2017

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