Linux et les logiciels libres
 
TABLE RONDE ORGANISÉE PAR L'EPI
 
SALON DE L'ÉDUCATION 27 NOVEMBRE 1999

 

Parmi les tables rondes organisées par l'EPI à l'occasion du salon de l'Éducation, l'une d'elles avait pour thème :

L'École et les logiciels libres : quel avenir ?

Au-delà d'une sympathie naturelle pour un mouvement qui milite en faveur de la libre diffusion à tous de la connaissance, en quoi le phénomène des logiciels libres recouvre-t-il des préoccupations des enseignants et quelles sont les conditions à remplir pour qu'il se fasse sa place dans le système éducatif ?

avec pour intervenants :

  • Jean-Pierre ARCHAMBAULT, Cellule de veille technologique et industrielle du CNDP ;
  • Stéphane FERMIGIER, Maître de Conférences à Paris VII, Président de l'Afull (Association française des utilisateurs de Linux et des logiciels libres) ;
  • Stéphane KIMMERLIN, Directeur marketing Microsoft ;
  • Yves POTIN, professeur de philosophie au lycée François Truffaut de Beauvais, concepteur d'une solution informatique libre globale en lycée ;
  • Jean-Luc CAPEAU, Cellule informatique de la Bibliothèque Universitaire de Sciences de Grenoble.

Ce débat, très animé mais courtois, s'est ensuite poursuivi par d'intéressants échanges avec le nombreux public présent.

Après une brève introduction de Jean-Pierre Archambault, modérateur de la table ronde, pour préciser la différence entre logiciels en freeware ou shareware et logiciels libres, Stéfane Fermigier ouvrait le débat. S'appuyant sur des exemples concrets il a fait un tour d'horizon rapide mais bien documenté sur les avantages des différentes solutions d'utilisation offertes par Linux dans le système éducatif. Ce à quoi Stéphane Kimmerlin a répliqué en reconnaissant que Linux était un bon produit, que de nombreux collaborateurs Microsoft l'utilisaient, mais qu'il était trop compliqué et manquait de logiciels. Jean-Luc Capeau responsable informatique de la Bibliothèque de l'université Joseph Fourier de Grenoble allait dans le même sens en indiquant qu'il n'utilisait pas Linux simplement faute d'y trouver les produits dont il avait besoin...

Yves Potin, par contre, a présenté une expérience particulièrement réussie d'implantation de Linux au Lycée François Truffaut de Beauvais (voir sur http://www.linux-france.org/prj/edu/lycee-beauvais). Au cours de la discussion il a démontré ce que pouvaient apporter les logiciels libres en expliquant, par exemple, comment le fait d'avoir accès aux sources d'un programme de visualisation de molécules (Rasmol) lui avait permis de trouver très rapidement, sur le web, la solution à un problème d'affichage en 65 000 couleurs

Au cours des échanges entre intervenants, ou avec le public, les problèmes posés par Windows dans le domaine de la sécurité ont été évoqués. Stéfane Fermigier (Afull) s'appuyant sur les conclusions du SCSSI a notamment déclaré : "Il y a des portes d'entrée cachées dans les logiciels d'un grand éditeur américain que nous ne citerons pas" confirmé selon lui par le fait que "la DGA a récemment adopté Linux pour un projet sensible, pour des raisons de sécurité."

En réponse Stéphane Kimmerlin (Microsoft) a admis qu'à de multiples occasions Microsoft avait commis des erreurs et diffusé des produits buggés mais qu'à l'avenir tout rentrerait dans l'ordre...

Lors des échanges avec le public une école primaire parisienne a été signalée comme étant la première à fonctionner, et de façon très satisfaisante, sous LINUX ! (pour plus de détails s'adresser à Claude Perez : http://perso.club-internet.fr/cperez/).

Questions restées pour l'instant sans véritables éléments de réponse : existe-t-il des outils, comment techniquement "porter" pour Linux les applications fonctionnant sous Windows et écrites en Visual basic, C++, Delphi, etc. ?

Ce dernier point intéresse tout particulièrement l'EPI qui souhaite vivement adapter les programmes éducatifs de sa Bourse de diffusion et lance un appel à contribution.

Paru, page 169, dans la Revue de l'EPI  n 96 de Décembre 1999.

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(11 février 2000)